
Marguerite Barankitse, alias Maggy, une femme tutsi, a commencé à
abriter et à nourrir 25 enfants le 25 octobre 1993, l'une des pires
journées de la guerre civile du Burundi. En 1993, elle a failli mourir
sous les coups de machette hutu. Avec l'aide d'amis européens et burundais,
elle organise un réseau qui parvient à venir en aide à
un nombre d'enfants sans cesse plus grand. En mai 1994, l'évêque
de Ruyigi prête une école qui sera transformée en un refuge
pour enfants nommé "maison shalom".
Ses activités s'étendent à d'autres villes comme Butezi et
Gizuru, où elle ouvre d'autres centres pour enfants. Maggy a mobilisé
des mécènes, et même l'armée belge, pour bâtir
un hôpital avec dispensaire, consultations, bloc opératoire,
pavillons pour convalescents. L'établissement n'est pas réservé
aux seuls orphelins mais est ouvert à tous. Chloé est la fille que
Maggy a adoptée lorsqu'elle avait 16 ans. En 2005, elle a obtenu son
diplôme de médecine en Italie et va se consacrer à l'hôpital
de la "maison shalom". En 2004, on estimait à 20000 le nombre d'enfants
ayant bénéficié de son aide directement ou indirectement.
"Rien ne résiste à l'amour" se plait-elle à répéter
dans ses voyages à travers le monde. Son message : "Jamais le mal n'aura
le dernier mot. La foi et l'amour déplacent les montagnes de la haine."
Elle est fière d'afficher hautement sa foi: "La prière me tient
debout. Le vrai courage, je le puise dans l'Eucharistie", dit-elle. L'étendue
de son action ainsi que le fait qu'elle accueille les enfants indépendamment
de leur origine tutsie ou hutue lui ont valu une immense reconnaissance de par
le monde entier.